Économie du Cambodge

Économie du Cambodge connait une progression rapide depuis le milieu des années 1990. Mais malgré cette croissance, le royaume reste dans la catégorie des pays les moins développés. Le revenu par tête d’habitant reste encore très bas par rapport à ses principaux voisins comme: Thaïlande, Malaisie, Indonésie…

D’autre part, l’écart entre riches et pauvres est devenu assez grand depuis le début des années 2000. Plusieurs zones économiques spéciales ont été créées à partir de 2006 pout y attirer les investisseurs étrangers. Malgré la circulaire signée par le Gouvernement Cambodgien sur le respect du droit du travail, les grèves sont nombreuses dans les usines et les revendications portent principalement sur les rémunérations, les durées de travail ou les licenciements jugés abusifs. Enfin, la croissance, même forte, n’est pas en mesure d’absorber les quelques 200 000 jeunes qui rentrent chaque année le marché du travail.

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Situation de l’économie du Cambodge:

Le Cambodge était en 2015 la 111epuissance économique mondiale relativement au PIB (sur 198 pays). Avec ses 181 035 km2 et ses plus de 15 millions d’habitants, le Cambodge est loin d’être considéré comme un « grand » pays. Cependant son poids économique ne cesse d'augmenter: avec 10 % de croissance en 2004, 13,5 % en 2005, et 10,8 % en 2006…l’économie cambodgienne est la plus dynamique de la région. Cette croissance repose principalement sur le bâtiment, le tourisme et l’habillement, qui représentent 45 % du PIB, donnant au Royaume du Cambodge un rôle de moins en moins négligeable dans cette partie de l’Asie du Sud-est. Malgré cette forte croissance, le Cambodge reste un pays en voie de développement dont les revenus par habitant par an sont encore une polémique. De toute manière, le taux de pauvreté dans l’économie du Cambodge se diminue énormément chaque année.

L’adhésion du Cambodge à l’Organisation Mondiale du Commerce le 13 octobre 2004 l’a contraint à adopter un certain nombre de lois pour garantir la libre concurrence et encadrer les investissements.  L'agriculture et les sous-secteurs connexes constituent la principale activité familiale dont dépendent la plupart des ménages ruraux. L'industrie manufacturière est diversifiée mais pas à grande échelle et est principalement menée sur une petite échelle et informelle. Le secteur des services est fortement axé sur les activités commerciales et les services liés à l'offre.

La démocratie naissante du Cambodge a reçu un soutien international. En vertu du mandat imposé par l'Autorité de transition des Nations Unies au Cambodge (UNTAC), des milliards de dollars ont été dépensés pour renforcer la sécurité, la stabilité et la gestion démocratique du pays. En ce qui concerne l'assistance économique, les donateurs officiels ont promis des centaines de millions de dollars. Jusqu'à présent, le montant total engagé pour la reconstruction du Cambodge a atteint des milliards de dollars.

L’unité monétaire du Cambodge est le riel, géré par la banque nationale du Cambodge. Début 2016 le taux de change était de 4 375 riels pour un euro (= 1.08 Dollar américain). L’économie du Cambodge est fortement « dollarisée », cette monnaie étant accepté partout.

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Le riel est normalement divisé en 100 sen (équivalent des centimes), mais du fait de sa faible valeur, cette subdivision est devenue obsolète et la circulation des monnaies métalliques a cessé depuis longtemps. La dernière série de billet émise en 2001 comporte des valeurs de: 50, 100, 500, 1 000, 2 000, 5 000, 10 000 et 50 000 riels.

Selon le ministre cambodgien des Finances, Aun Pornmoniroth, l'économie cambodgienne devrait prospérer à court et à moyen terme avec une croissance d'environ 7%, malgré l'instabilité du système d'imposition préférentiel accordé par certains partenaires commerciaux. Selon Pornmoniroth, l'économie cambodgienne devrait connaître une croissance de 7,1% en 2019. Toutefois, selon Pornmoniroth, l'instabilité du régime tarifaire préférentiel que certains partenaires commerciaux accordés au Cambodge pourraient entraîner le risque de ralentissement économique dans le pays.

Les branches principales de l’économie du Cambodge:

Économie rurale et les cultures agricoles: L’économie rurale est la principale source de produits alimentaires. Elle assure des matières premières pour l’industrie légère et agroalimentaire. Au Cambodge une grande partie de sa production en ce qui concerne le riz, le soja… est destinée à la consommation des habitants du pays. Une autre partie, comme le caoutchouc et une partie des récoltes de maïs, est destinée aux exportations.

Sylviculture: La forêt constitue la première ressource naturelle du Cambodge mais le pays a beaucoup de mal à lutter contre le déboisement ainsi que les concessions accordées de manière opaque et qui n’apportent que de médiocres revenus à l’État. Sous la pression des donateurs internationaux, des moratoires sont régulièrement adoptés par le gouvernement, comme en mai 2012, mais dès que l’attention des organisations se porte sur d’autres dossiers, les trafics reprennent.

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Pêche: La pêche tient un rôle important dans l’économie du Cambodge, elle emploie près de 2 800 000 personnes (800 000 dans le secteur primaire, c.a.d pêcheurs et aquaculteurs. Et 2 000 000 dans le secondaire, c’est-à-dire dans la transformation du poisson, les poissonniers, exportateur…). En 2004 toujours, la production était de 412 700 tonnes de poissons et l’exportation représentait 31 593 tonnes (soit 34 500 000 USD). Le Cambodge est le quatrième producteur mondial de poisson d'eau douce.

Riziculture: C’est la première culture au Cambodge. En 2005, la production était de 4 200 000 tonnes. À cause de la raréfaction et de la crise mondiale autour de cette ressource, le Cambodge avait arrêté ses exportations. Mais depuis le premier mai 2008, le Premier ministre de l’époque du pays, Hun Sen, a décidé de re-autoriser l’exportation de cette céréale permettant aux paysans de trouver de nouveaux débouchés pour leurs récoltes.

Hévéaculture: Première richesse agricole du pays le caoutchouc est la première exportation du pays en termes de revenu. En termes de volume le Royaume du Cambodge est le onzième exportateur mondial de cette ressource juste derrière l’Inde et devant les USA. L’hévéa a été importé dans les années 1920 sous la colonisation, par cinq sociétés françaises. Les terres et le climat du pays sont considérés comme idéaux pour cette culture.

Ainsi en 1969 pour une surface totale plantée de 70 000 hectares, plus de 52 000 tonnes de caoutchouc étaient recueillies. Au milieu des années 2000, plus de 90 000 hectares sont utilisés pour cultiver l’hévéa pour une production de 32 000 tonnes. Cette filière a beaucoup souffert de la guerre et de l’instabilité politique jusqu’en 1993, et le pays mise beaucoup sur la reconquête de ce secteur. Pour cela il est aidé par plusieurs pays, notamment par la France via l’AFD (Agence Française de Développement: établissement public français sous la tutelle du ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi et du ministère des affaires étrangères) qui a mis en place des projets de coopération avec les petits planteurs, de formation de pépiniériste.

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Le secteur secondaire dans l’économie du Cambodge: Le secteur secondaire regroupe l'ensemble des occupations consistant en une transformation plus ou moins élaborée des matières premières (industries manufacturières, construction). La part de ce secteur dans le PIB du pays est de 25,5 %.

Industrie textile: C’est la première industrie du Cambodge. Le textile représentait en 2012 – derniers chiffres connus – 80 % des exportations. Elles se sont montées cette année-là à 4,61 milliards de dollars US, soit 8 % de plus qu’en 2011. Au premier semestre 2013, ces ventes se chiffraient à 1,56 milliards.

Les usines sont, il est vrai, régulièrement auditées et les contrôles n’ont jusqu’à présent pas mis en évidence de travail des enfants, de harcèlement sexuel ou de travail forcé, ce qui leur permet de fournir certains marchés occidentaux. Toutefois, ces affirmations sont remises en cause par des associations syndicales et des organisations non gouvernementales comme Human Rights Watch, qui regrettent que les contrôles ne s’intéressent pas aux fournisseurs de ces usines et ignorent les menaces dont sont victimes les délégués syndicaux, l’usage abusif d’heures supplémentaires non payées, les pressions pour ne pas prendre les pauses réglementaires et autres manquements au code international du travail qui altèrent les conditions de travail.

Construction: Le Cambodge, de par sa position centrale dans la péninsule indochinoise et son accès au Mékong, bénéficie de plusieurs projets régionaux d'aide au développement d'infrastructures, que ce soit routières (AH1), ferroviaires (Trans-Asian Railway) ou fluviales (Coopération Mékong-Gange).

La remise en état des voies du pays est également un enjeu national, afin de lutter contre les accidents de la route qui constituait il y a encore peu la première cause de mortalité (ce rang est maintenant occupée par les décès dus au SIDA). Cette activité permet d’engager les hommes des provinces agricoles quand ceux-ci n’ont pas de travail aux champs. Il est à savoir que le réseau Cambodgien comportait en 2006 plus de 4 700 km de route nationale et à peine 1 200 km étaient jugé en « bon état », les 3 500 autres étant considéré « en mauvais ou très mauvais état » par le ministère des travaux publics et des transports cambodgien.

Le bâtiment, embauche lui aussi de plus en plus de monde notamment grâce au tourisme croissant dans cette région du globe, et à l’essor de complexe hôtelier.

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Raffinage: La raffinerie de Sihanoukville est, en 2014, la seule raffinerie de pétrole qui fut construite au Cambodge. Commençant à produire en janvier 1969, elle fut détruite pendant la guerre. En décembre 2012, une coentreprise entre la société chinoise Sinomach et la société cambodgienne Cambodian Petrochemical Company est signée pour la construction d'une nouvelle raffinerie dans la même région côtière de Sihanoukville. La société américaine KBR a été sous-contractée pour fournir ses procédés d'hydrocraquage.

Production d’énergie: Le Mékong et ses affluents offrent une source d’énergie hydraulique non négligeable dont une partie pourrait, comme au Laos être revendue aux pays voisins

Tourisme: Le tourisme est l'activité économique en plus forte croissance du Cambodge. Le nombre de visiteurs a ainsi été multiplié par deux entre 2000 et 2010. En 2010, les touristes sud-coréens, japonais, chinois et vietnamiens étaient les visiteurs du royaume les plus nombreux. L'industrie touristique est la première source de devises du Cambodge et les fortes perspectives de croissance du secteur entraînent le développement de gigantesques projets à Siem Reap et Sihanoukville, les deux principales destinations touristiques du pays. Il y a malheureusement, en raison de cette activité, un problème d'exploitation sexuelle des enfants qui cause la propagation du sida. Le complexe des temples d’Angkor, site classé au patrimoine culturel mondial de l’UNESCO, est la principale attraction touristique du pays, mais le site a du mal à supporter l’afflux massif de visiteurs.

L'aide internationale dans l’économie du Cambodge:

Depuis 1999, le Cambodge fait partie de l’ANASE (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) qui est une organisation politique, économique et culturelle regroupant 10 pays d’Asie du Sud-Est et dont le but est de renforcer la coopération et l’assistance mutuelle entre ses membres, de peser en commun dans les négociations internationales…En 2004 le pays rejoint aussi l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

En 2011, l’aide internationale représente encore 60 % du budget de l’État28.Elle se concrétise sur le terrain par des projets et des programmes d’aide au développement. Un Forum de Coopération et de Développement du Cambodge s’est tenu en juin 2007, des engagements d’un total de 689 millions de dollars pour 2007 ont été déclarés par une communauté de pays «développés», 695 M$ pour 2008 et 588 M$ pour 2009. En 2007, l’Union européenne dans son ensemble (170,3 M$) reste le principal bailleur suivie du Japon (112,3 M$) et de la Chine (91,5 M$). Au sein de l’UE, la France est, derrière la Commission (50,5 M$), le premier pays contributeurs (25,1 M$) devant le Royaume-Uni (24,7 M$) et l’Allemagne (21,8 M$)…

L’économie du Cambodge actuel:

Au fil des ans, le développement économique du Cambodge s'est maintenu, avec de nombreux indicateurs de croissance positifs dans le domaine du commerce et du tourisme. Les signaux positifs de l'économie ont montré la victoire dans la mise en œuvre de la stratégie du gouvernement.

Selon la Banque mondiale (BM) et la Banque asiatique de développement (BAD), le Cambodge est l'un des pays ayant la croissance économique stable, durable atteignant 7% / 20 dernières années et devrait maintenir cet élan au cours des prochaines années. Le montant des capitaux investis sous licence de 2013 à 2017 s'est élevé à 23 300 millions USD et, pour la seule année 2018, à plus de 6 751 millions USD. En 2018, le chiffre d'affaires total des importations et des exportations du Cambodge a atteint 28 039 millions USD, dont les exportations ont atteint 12 123 millions USD. La structure économique continue de se déplacer du principal secteur agricole au secteur des services publics et industriels.

La qualité de vie des Cambodgiens s'est également améliorée. Le gouvernement cambodgien s'intéresse toujours à la protection sociale et à la sécurité sociale des fonctionnaires, des retraités, des soldats blessés et des personnes vulnérables. Le renforcement de la protection des politiques sociales est également l'une des priorités de la stratégie du développement de l’économie du Cambodge.

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