Histoire du Cambodge

Histoire du Cambodge: L’histoire du Cambodge est l'histoire des peuples qui ont occupé le pays que l'on appelle le Cambodge. Le Cambodge actuel se veut l’héritier de l’empire khmer qui dominait la majeure partie de la péninsule indochinoise au XIIe siècle. De nombreux temples furent érigés sur l’ensemble du territoire, dont le plus notable est Angkor Vat.

La seconde période notoire dans l’histoire du pays débute après la Seconde Guerre mondiale et l’indépendance, dans un climat de guerre froide dont les avatars locaux en seront les trois guerres d’Indochine successives. Après avoir en vain tenté d’adopter une position de neutralité (royaume du Cambodge), le pays basculera tour à tour dans les idiologies différentes.

Histoire du Cambodge

Histoire du Cambodge de l’époque préhistorique:

La Préhistoire du Cambodge est mal connue. Les fouilles archéologiques peu nombreuses portant sur la période, montrent des tendances analogues à celles observées par ailleurs. Les outils en pierre créés selon les méthodes hoabinhiennes démontrent l’influence de cette civilisation alors que la présence d’objet en bronze témoigne de relations avec les sociétés de la péninsule indienne et dôngsoniennes.
Les royaumes pré-angkoriens: Les chroniques chinoises font état dès le IIe siècle de notre ère d’un royaume appelé Fou-nan qui s’étend du sud de l’actuel Vietnam au Laos, à la vallée du Chao Phraya et le nord de la péninsule Malaise.

Au début du VIe siècle, les chroniques chinoises donnent le nom de Chenla à un royaume au nord du Tonlé Sap, essentiellement peuplé de Khmers qui se proclament descendants d’un sage du nom de Kambu. Ce royaume est d'abord vassal du Fou-nan mais va profiter du déclin de ce dernier pour s’émanciper. Au milieu du VIe siècle, les rois du Chenla, par ailleurs descendants de princes founanais, étendent leurs possessions sur l’ensemble du territoire de leur ancien suzerain.

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Au début du VIIe siècle, le roi khmer Içanavarman Ier établit sa capitale à Sambor Prei Kuk, au nord de Kampong Thom, mais cinquante ans plus tard, Jayavarman Ier la transfère à Angkor Borei.

Histoire du Cambodge à l’ère angkorienne:  

C'est à Jayavarman II (règne 802 — 850), un prince khmer élevé à Java, qu'il revient d'unifier les différentes principautés khmères et de se libérer des Javanais. Une nouvelle histoire du Cambodge se tourna. Il se proclame roi en 802 et installe sa capitale au nord du lac Tonlé. C'est le début de l'âge d'or de la civilisation khmère, qui s'appuie sur de gigantesques aménagements hydrauliques (les baray) et bâtit de nombreux édifices à l'architecture spécifique. Il durera jusqu'au XIIIe siècle.

Suryavarman Ier qui règne entre 1002 et 1050 s'impose face à ses concurrents, fonde une nouvelle dynastie et étend le royaume vers l'ouest. Auparavant, le règne de Suryavarman II est une période de paix relative et de prospérité qui voit la construction du temple d’Angkor Vat, dédié à Vischnou. Les Khmers parviennent à résister aux assauts de leurs voisins, Môns, Viets et Chams, et concluent un traité de paix avec la Chine.

Le roi Jayavarman VII s'impose en reprenant la zone d'Angkor. Son règne, entre 1181 et 1227, est considéré comme l'apogée de l'empire khmer qui atteint alors sa plus grande expansion territoriale, englobant une grande partie de la Thaïlande et du Laos actuels. À la fin du règne de Jayavarman VII, le Champa est pratiquement un État vassal. Le célèbre temple du Bayon, dédié à Shiva, est le centre de la nouvelle capitale, Angkor Thom, construite sur les ruines de l'ancienne capitale dévastée par les Chams. Travaux hydrauliques, routes et hôpitaux sont d'autres vestiges de cette époque.

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Le déclin:

Après la mort de Jayavarman VII, le Cambodge plonge dans un long déclin. Jayavarman VIII restaure le culte de Shiva aux dépens du bouddhisme. En 1285, il accepte de payer un tribut à Kubilai Khan, l’empereur mongol de Chine.

La décadence de l'empire khmer résulte à la fois des attaques extérieures et des conflits internes : rivalités interdynastiques, liées à des mutations sociales qui entraînent la lente dégradation du système hydraulique sophistiqué qui avait permis de nourrir une population nombreuse. Le déclin est alors si prononcé que les Cambodgiens en étaient arrivés à oublier le lien qui les lie à la civilisation angkorienne et devront attendre les travaux des archéologues du protectorat français à la fin du XIXe siècle pour se réapproprier l’héritage de l’empire khmer.

Histoire du Cambodge sous la domination siamoise:

Du XVe au XIXe siècle, le Cambodge vit une longue décadence politique sous domination siamoise mise à part une brève période de prospérité, au XVIe siècle au cours de laquelle les souverains qui ont construit leur nouvelle capitale, Lovek, au sud-est du lac Tonlé, sur le Mékong développent le commerce avec d'autres régions de l'Asie. En fait, les discordes internes restent la règle et les différents prétendants au pouvoir n'hésitent pas à rechercher l'appui des puissances voisines et à susciter l’intervention d’armées étrangères.

Histoire du Cambodge sous la colonisation française (1863-1953)

En 1863, le roi Norodom signe un Traité de protectorat du Cambodge avec la France qui donne sa protection sur le royaume et intègre progressivement le pays dans son empire colonial. La mainmise de la France sur le Cambodge s'inscrit dans le processus de colonisation des trois pays, Vietnam, Laos et Cambodge qui formeront pendant un peu moins d'un siècle l'Indochine française. Dès 1862, la France avait imposé un traité au Viêt Nam qui lui cédait Saïgon, la Cochinchine orientale, ainsi que ses droits sur le Cambodge.

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Entre 1863, début du protectorat, et 1904, mort de Norodom, la France laisse Norodom diriger les affaires intérieures du pays en monarque absolu, avec des tergiversations, comme en 1884 où le gouvernement français de Jules Ferry, persuadé que le roi freine les réformes, impose un protectorat beaucoup plus rigoureux, analogue à celui imposé à l'empereur d'Annam (nom que l'on donnait alors au Vietnam). Mais une insurrection populaire fait finalement reculer les Français.

En 1897, Paul Doumer, nouveau gouverneur général de l'Indochine écrit qu’après quarante ans de protectorat français sur le Cambodge, les progrès économiques « avaient été insignifiants pour ne pas dire nuls ».

En 1904, à la mort de Norodom, la succession revient à son frère, le prince Sisowath, favori des Français. Partisan de la modernisation, il favorise la politique mise en place par Doumer de réalisation d'infrastructures. Les relations avec la puissance coloniale sont améliorées lorsque la France obtient du Siam en 1904 et 1907 la restitution des provinces occidentales. En 1927, Sisowath meurt, et il est remplacé par son fils aîné Monivong. Les deux souverains entretiennent des relations plutôt amicales avec les Français. Dans la première partie du XXe siècle, les Français construisent un certain nombre d'infrastructures (routes, voie ferrée Pnom Penh-Battambang, port de Pnom Penh, hôpitaux) mais le développement se fait dans le cadre de l'union indochinoise.
Histoire du Cambodge à la Seconde Guerre mondiale et l'indépendance:

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, les Français n'envisagent pas de laisser accéder le Cambodge à l'indépendance dans un avenir proche. Les mouvements indépendantistes restent modestes. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Japonais laissent le Gouvernement de Vichy administrer les différents pays de l'Indochine française tout en encourageant le nationalisme khmer. Le 9 mars 1945, un coup de force japonais met brutalement fin à la domination française. Le Cambodge bénéficie ainsi d'une brève période d'indépendance avant la restauration de l'autorité française. Le 12 mars, Sihanouk dénonce le protectorat français.

Sihanouk parvient à neutraliser les oppositions. C'est Sihanouk qui parvient à obtenir l'indépendance, en s'efforçant de négocier avec les Français dans des termes acceptables par toutes les parties. Un accord partiel se dégage en octobre 1953. Sihanouk proclame alors l'indépendance et effectue un retour triomphal à Phnom Penh.

Histoire du Cambodge sous Sihanouk (1953-1970)

La neutralité, élément central de la politique étrangère cambodgienne dans les années 1950 et 1960 est mis à mal.  À partir de 1965, les provinces orientales du Cambodge servent de base arrière pour les Vietnamiens anti intervention américaines.

À partir de 1969, les Américains interviennent directement dans les zones du Cambodge contrôlées par les vietnamiens. Le dirigeant de Sirik Matak droite a provoqué d’abord de vastes manifestations antivietnamiennes, puis pour renverser Norodom Sihanouk (quand il s’est fait soigné en France), le 18 mars 1970. Une équipe de droite emmenée par le général Lon Nol et le prince Sirik Matak sont arrivés alors au pouvoir emmené par le général Lon Nol et le prince Sirik Matak.

Histoire du Cambodge sous l’époque Lon Nol: la République khmère (1970-1975)

En mars 1970, la nouvelle équipe au pouvoir proclame l'abolition de la monarchie et le pays est rebaptisé « République khmère ». Sihanouk avait pu maintenir tant bien que mal son pays à l'écart du conflit vietnamien. Engagé maintenant dans l'un des deux camps, le Cambodge bascule très brutalement dans la guerre.

En avril 1970, les États-Unis et le Sud Viêt Nam lancent une offensive de grande ampleur dans la zone frontalière qui sert de base aux vietnamiens antis américains. L'armée de Lon Nol doit faire face à la fois aux Vietnamiens et à la guérilla khmère. Dès la prise du pouvoir par Lon Nol, une terrible répression s'abat sur les quelques communautés vietnamiennes qui comptent environ 400 000 personnes au Cambodge. Environ 100 000 d'entre elles sont massacrées avec la complicité plus ou moins active de l'armée.

Sihanouk, quant à lui, avait décidé dès avril 1970, de s'allier aux communistes. Il s'installe à Pékin et créé avec les communistes le Front uni national du Kampuchea (FUNK). Il forme également un Gouvernement royal d'union nationale du Kampuchéa (GRUNK).

En l'espace de quelques années, la population de Phnom Penh passe de 600 000 à 2 millions d'habitants. Les paysans fuient massivement les zones de combat. En fait assez vite, l'armée de Lon Nol ne contrôle plus que Phnom-Penh et quelques autres villes. Le 1er janvier1975, l'armée des Khmers rouges lance l'offensive finale. Le 17 avril 1975, les Khmers rouges entrent dans Phnom Penh.

Histoire du Cambodge sous les Khmers rouges au pouvoir (1975-1979)        

Immédiatement après la victoire, les Khmers rouges ordonnent l'évacuation de toutes les villes, dont les habitants sont « invités » à travailler parmi les paysans, à la campagne. Cet exode forcé fait des centaines de milliers de nouvelles victimes. Tout ce qui pouvait évoquer la civilisation urbaine, industrie, hôpitaux, écoles, administrations, est anéanti.

La monnaie est abolie, ainsi que toute propriété privée. Les familles sont disloquées. D’immenses travaux sont entrepris. L’épuisement au travail, la malnutrition et les maladies qui s'ajoutent aux exécutions sommaires, souvent à coups de gourdins, vont provoquer la mort de un à deux millions d’individus en l’espace de trois ans.

Le nom officiel du nouvel État est le Kampuchéa Démocratique. Khieu Samphân est officiellement chef de l'État, mais l'Angkar est dirigée, au moins depuis avril 1977, par Saloth Sâr maisplus connu sous le nom de Pol Pot. L’histoire du Cambodge est entré dans une période dramatique.

Le 25 décembre1978, l’armée vietnamienne passe à l’offensive et met en déroute en quelques jours l’armée des Khmers rouges. Au cours du mois de janvier 1979, les Vietnamiens prennent le contrôle d'une grande partie du pays. Le 11 janvier, à Phnom Penh, un Comité populaire révolutionnaire prend le pouvoir et proclame la République populaire du Cambodge. En 2009, le premier procès d'un Khmer rouge devant un tribunal international débute. Douch, ancien directeur de la prison de Tuol Sleng ou S21, est condamné en 2012 à la prison à perpétuité.

Histoire du Cambodge moderne (1979 à nos jours)

L'armée vietnamienne reste au Cambodge pendant une dizaine d'années. Elle installe au pouvoir la République populaire du Kampuchéa, dirigée par Heng Samrin; la République Populaire du Kampuchéa gouverne pendant au moins dix ans le pays.

En 1989 les forces vietnamiennes se retirent du Cambodge. Hun Sen fait procéder à une légère modification de la constitution et le pays se baptise État du Cambodge. Entre 1989 et le 23 octobre 1991, dans des conférences ayant lieu à Paris, tous les partis cambodgiens et les membres de La communauté internationale acceptent l'organisation d'élections nationales au Cambodge, organisées sous le contrôle de l'ONU. En 1991 les différentes factions cambodgiennes forment le Conseil National Suprême (CNS) composé de onze membres qui élisent à l'unanimité Norodom Sihanouk comme Président.

En mai 1993, se tiennent les élections pour élire l'assemblée législative. Le FUNCINPEC arrive premier suivi du PPC de Hun Sen. L'assemblée travaille à la rédaction de la nouvelle constitution, qui est promulguée le 24 septembre 1993. Norodom Sihanouk redevient officiellement le roi du Cambodge. Le pays prend le nom de Royaume du Cambodge. Deux premiers ministres sont nommés Norodom Ranariddh et Hun Sen. Seuls les Khmers rouges s'opposent à ces élections et continuent la guérilla contre les forces de l'armée du Royaume du Cambodge jusqu'en 1998. Ieng Sary et 4 000 hommes rendent les armes en 1996.

En 1998, Pol Pot meurt, et les dirigeants Ke Pauk, Nuon Chea et Khieu Samphân se rendent aux autorités cambodgiennes. La capture du dernier grand chef khmer rouge, Ta Mok, laisse le mouvement sans dirigeant et marque la fin du combat contre les khmers rouges.

En 2004 le roi Norodom Sihanouk abdique depuis Beijing en raison de sa santé et décède à Beijing le 15 octobre 2012. Il laisse le trône à son fils Norodom Sihamoni.

Le Cambodge pacifié peut progressivement s'ouvrir au tourisme, développer ses infrastructures, ses routes, les aéroports, les ports...Les élections législatives de 2008 et de 2013 ont été remportées par le Parti du Peuple Cambodgien. Le Premier ministre cambodgien reste toujours Mr. Hun Sen. L’histoire du Cambodge est marquée par l’époque du développement économique actuel.

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